#2 Pédagogie active en milieu populaire

Capture d_écran 2018-12-21 à 12.52.01

 

 

EDITO

Nicolas Marion, Philosophe et coordinateur à l’UPA

 Le deuxième numéro de la Mauvaise Herbe fut, dans sa préparation, l’objet de nombreux et passionnants débats. Leur seule constante : comment témoigner d’une singularité pédagogique qui nous traverse tous les jours, dans l’esprit, dans la pratique, sur le terrain ? Cette singularité, nous la nommons « Pédagogie active », et elle ne manque pas d’être problématique : comment la comprendre ? Comment la définir ? Comment innover en et avec elle ? Que nous apporte-telle et/ou qu’y perd-t-on ? Et, enfin et surtout, à qui s’adresse-t-elle ? En effet, c’est là l’autre noeud problématique dans lequel nous avons tenté de faire pousser nos germes : nous travaillons avec un public populaire et c’est ce dernier qui nous conduit à interroger sans cesse nos approches pédagogiques. Y a-t-il un dispositif pédagogique qui soit à même d’intégrer les enjeux sociaux d’un public populaire ? Bien plus encore, comment, par notre engagement pédagogique, pouvons-nous rendre effectif un engagement politique, citoyen, émancipatoire, profitable aux citoyens les plus fragilisés, sans pour autant tomber dans les écueils infantilisants et paternalistes de « l’éducation des pauvres » ?

Vaste sujet. C’est précisément ce que ce second numéro se propose d’approcher. Sa spécificité, c’est d’avoir misé sur des réflexions issues du terrain : les animateurs, les professeurs, les volontaires qui travaillent avec ces pédagogies se sont proposés de relater les enjeux de ces pédagogies nouvelles, dites actives, appliquées en milieux populaires et avec lesquelles l’UPA avance dans la construction de sa spécificité pédagogique et associative. Par ailleurs, cette revue répond à notre conférence du mois d’octobre, afin d’en poursuivre les débats. La soirée avait pour thème « Pédagogies actives : une mode associative ? Enjeux des pédagogies actives en milieux populaires » où, avec le concours de deux directrices d’écoles bruxelloises orientées sur les pédagogies nouvelles, ces mêmes questions ont été débattues collectivement. L’enjeu social et politique majeur posé par l’éducation, celui de l’accès aux savoirs pour tous et de la mise en réseau de ces derniers, appelle à ce que soit posé publiquement le problème des inégalités sociales dans l’instruction. Les associations, l’UPA comprise, sont aujourd’hui dans une situation où ce qui motivait, au début du 20e  siècle, la création de l’école nouvelle (Freinet, Decroly, etc.) se pose à nouveau de façon aigüe : une école pour tous, le savoir pour tous, la critique pour tous, sans distinction culturelle, sociale, politique, linguistique, nationale.

Bonne lecture !

 

Le numéro en format PDF: #2 La Mauvaise Herbe